La Conversation Spirituelle est une manière de partager au niveau de la foi et à partir du caractère unique et vrai de notre personne, à partir de nos désirs profonds, de ce qui nous donne Vie. Il s’agit, à partir d’un exercice et d’une expérience de prière, de communiquer ce qui m’habite en profondeur, car c’est à ce niveau que Dieu nous habite et nous anime. Cette conversation est humble, pauvre, ouverte, désireuse de partager mais aussi de recevoir ce que l’autre peut me dire.
En partageant ainsi les uns aux autres nos propres expériences, nous écoutons ce que l’esprit Saint nous dit à travers les autres. Nous prenons aussi le temps de goûter ces propos dans notre coeur pour qu’ils nous nourrissent en profondeur
Une parole vraie, exprimée dans une relation respectueuse, donne de vivre une communion vitalisante pour les personnes
Conseils pour une bonne pratique de la Conversation spirituelle :
L’attitude principale est une écoute respectueuse et reconnaissante.
Chaque personne est experte de sa propre expérience, de ce qui l’habite en profondeur, car il s’agit de SA vérité.
Des temps de silence sont appropriés et nécessaires
Il convient de respecter ce qui est confidentiel. De même, on ne cite pas quelqu’un en dehors du groupe.
Chacun parle à tour de rôle (voir à cet effet la signification de la plume en cliquant dessus !).
Il décrit son expérience de manière brève et claire.
Il convient de parler sous forme de "je" et non de "on".
Règle des trois tours :
1° tour, chacun doit pouvoir s’exprimer sans être interrompu
Après quelques minutes de réflexion silencieuse sur ce qui a été partagé, interactions libres entre les personnes : qu’est-ce qui m’a touché ? Qu’est-ce qui s’éclaire pour moi ?…
Terminer par un temps ensemble où ceux qui le désirent conversent librement avec Dieu, en lien avec ce qui a été vécu et partagé (action de grâce, demande de courage, pardon,…)
Le gardien de l’heure veillera à ce que, dans le temps imparti, le groupe fasse au moins deux tours de partage
La Conversation Spirituelle selon Robert Guelluy :
Vous voyez combien ce dialogue est une forme exigeante du recueillement et le critère de l’authenticité du recueillement. En nous exprimant, il ne s’agit pas de dire nos idées, c’est de dire ce que nous sommes.
Le Christ n’est pas venu apporter de réponse à des problèmes d’idées ; il est venu combler le vide d’une exigence de vie.
Ce que nous devons mettre en commun, ce n’est pas "Qu’est-ce que je pense ?" mais "Qu’est-ce que je vis ?" Ce n’est pas "Quels sont mes arguments ?" mais "Qui suis-je". C’est la seule forme d’entamer le dialogue au sujet de Dieu.
C’est à cette profondeur que se pose le problème évangélique, quand on demande à un autre : "Qui es-tu ?" et "Qui suis-je ?" et "Qu’avons-nous à partager ?".
Il faut nous dire que personne n’a la vérité. Nous avons chacun une vérité et des vérités complémentaires. Et nous vivons constamment dans cette illusion d’exprimer la vérité. Nous défaire de cette illusion, ce sera une première forme d’appauvrissement. En sachant aussi que, quand l’autre exprime une vérité complémentaire, il exprime bien autre chose qu’UNE vérité : il S’exprime, il SE livre. Et il nous faut être attentifs à l’autre, et pas seulement à mettre de l’ordre dans ses arguments.