Recherche

Il est rare dans un groupe que tous soient instantanément unanimes. Il est bon au début de cette troisième séance de procéder à un vote rapide pour voir où on en est à ce stade. Supposons qu’un groupe discerne s’il ferme ou non une maison de repos. Durant le premier tour de table, sept disent ‘’oui’’ et trois disent ‘’non’’. Peut-être que les trois qui sont en faveur du ‘’non’’ ont certaines craintes légitimes concernant une fermeture : ‘’Je ne puis marquer mon accord que si tous les résidents trouvent une place qui leur convient dans d’autres maisons’’. ‘’Je serais d’accord si nous trouvons une autre manière de donner un témoignage chrétien dans le même quartier’’. ‘’Je suis d’accord à condition que nous attendions deux ans jusqu’à ce que la nouvelle maison que construit la commune soit achevée’’.

Lorsqu’on est attentif à ces ‘’si’’, ‘’à condition que’’, ‘’peut-être’’, on peut repérer des zones d’accord. Maintenant le dialogue au sein du groupe a une allure beaucoup plus libre bien qu’il ait toujours la qualité d’un partage au niveau de la foi. Tous font un effort d’écoute pour entendre ce que dit réellement le groupe dans son ensemble. Parfois, à ce stade-ci, le consensus atteint doit être reformulé pour y faire apparaître les nouveaux domaines d’accord. Il est souvent plus facile d’arriver au consensus une fois que tous sont assurés qu’on tiendra compte de leurs préoccupations d’une manière qu’ils n’avaient même pas pu imaginer préalablement.

Une des plus grandes tentations, ici, est de ‘’vouloir créer un consensus’’, au lieu de lire le consensus qui est en fait présent au sein du groupe. Un jour un groupe arriva à un blocage sur la question de savoir s’il fallait envoyer trois ou sept personnes pour un projet en Afrique. Apparemment il n’y avait pas de consensus et tous continuaient à donner des arguments en faveur de ‘’trois’’ ou de ‘’sept’’. En fait il y avait un consensus réel : tous étaient d’accord qu’il fallait envoyer au moins trois personnes. Cela c’était clair. Ce qui n’était pas clair portait sur l’envoi de quatre personnes supplémentaires.

Un groupe achoppe sur l’heure de la liturgie : 18.15 h. ou 16.30 h. Les différents arguments pour l’une et l’autre options sont tellement convaincants qu’on semble loin d’un consensus. En fait, il existe. Tous trouvent que la liturgie est un moment fort important de leur vie commune. Tous veulent qu’elle ait la première place dans leur vie. Le désaccord touche sur l’heure. Une fois que tous réalisent cela, une fois que le groupe a pu reconnaître que tous partagent des convictions de foi commune, la tension disparaît et la question de l’heure devient un simple détail vite réglé.

Il arrive néanmoins qu’on ne puisse atteindre un consensus du type où ‘’on sent, on pense, on croit tous de la même manière’’. Là où il n’y a pas de consensus complet, il se peut que le groupe doive accepter que l’autorité en place déclare ce qu’on va concrètement faire. C’est particulièrement vrai lorsque le temps manque ou que la question requiert d’urgence une décision. Dans l’idéal, il faudrait reprendre dans la prière ce consensus non atteint et continuer le processus. Mais il y a des occasions où ce n’est tout simplement pas possible. Le groupe doit alors recourir à l’expédient de voir le consensus déclaré d’autorité.

Une fois la décision prise et le consensus atteint, il faut reprendre la décision dans la prière et demander sa confirmation.

Répondre à cet article


Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

[Connexion] [s'inscrire] [mot de passe oublié ?]

Forum


  • Forum sur abonnement

    Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

    [Connexion] [s'inscrire] [mot de passe oublié ?]